Chez les 18-24 ans, l’absence d’emploi, d’études et de formation résulte rarement d’un choix isolé. Réseaux, territoire et accès aux opportunités pèsent lourd.
La période qui suit la fin du lycée ou des études secondaires est censée ouvrir les premières portes : formation, études supérieures, premier emploi, apprentissage d’un métier ou lancement d’un projet. Pourtant, une partie des jeunes adultes cumule trois absences : pas d’emploi, pas de scolarité et pas de formation.
Ce phénomène, souvent résumé par l’expression NEET (« ni en emploi, ni en études, ni en formation »), ne peut pas être expliqué par un simple manque de volonté individuelle. Les données et travaux consacrés aux 18-24 ans aux États-Unis montrent au contraire une réalité composite, dans laquelle le contexte économique, le territoire, les liens sociaux et les conditions d’entrée sur le marché du travail se superposent.
Qui sont les jeunes adultes « déconnectés » ?
La notion de déconnexion désigne ici les 18-24 ans qui ne sont ni scolarisés, ni en formation, ni en emploi. À un instant donné, ce sont des millions de jeunes adultes aux États-Unis. Environ un jeune sur sept de cette tranche d’âge se trouverait dans cette situation.
Les jeunes hommes apparaissent légèrement plus touchés que les jeunes femmes, mais l’écart reste limité : la déconnexion concerne significativement les deux groupes. Les causes peuvent toutefois différer selon les parcours, les responsabilités familiales, l’état de santé, l’accès aux transports, l’offre de formation ou encore les opportunités professionnelles disponibles à proximité.
L’âge de 24 ans n’est pas une frontière absolue. Dans plusieurs pays européens, le suivi statistique des NEET s’étend jusqu’au milieu de la vingtaine. Mais la période de 18 à 24 ans reste décisive : elle concentre habituellement l’essentiel de la formation initiale et les premières expériences professionnelles.
Pourquoi cette phase de vie est déterminante
Les premiers emplois ne servent pas uniquement à percevoir un revenu. Ils permettent de comprendre les codes professionnels, de développer des compétences, de rencontrer des collègues et des employeurs, puis d’accéder à de futures recommandations. Une entrée difficile dans la vie active peut donc laisser des traces pendant longtemps.
Commencer sa carrière dans une période de ralentissement économique peut notamment affecter durablement les trajectoires professionnelles. Les jeunes sans expérience sont aussi les premiers exposés quand les recrutements se raréfient : ils disposent de moins de références, d’un réseau plus réduit et d’une connaissance parfois incomplète des métiers accessibles.
Pour préserver sa marge de manœuvre au début de la vie active, il est aussi utile d’acquérir des repères financiers simples. Cet article sur les choix à faire dès ses premiers salaires pour garder sa liberté rappelle notamment l’importance de limiter les charges fixes et de donner une direction à ses revenus.
Il n’existe pas une cause unique
La déconnexion des jeunes adultes n’est pas un phénomène nouveau. Elle existait déjà avant les perturbations liées à la pandémie et semble se maintenir à un niveau comparable à celui observé à différentes périodes depuis le milieu des années 2000.
Ce constat est d’autant plus marquant que deux évolutions auraient pu, en théorie, réduire le phénomène : la hausse du taux d’achèvement des études secondaires et la baisse des grossesses adolescentes. Ces progrès restent importants, mais ils ne suffisent pas à eux seuls à assurer une insertion durable.
Le marché du travail a profondément changé, en particulier pour les postes d’entrée. Les entreprises peuvent hésiter davantage à recruter dans un climat incertain. Lorsque le marché se fige, avec peu de départs et peu d’embauches, les personnes qui ne disposent pas encore d’expérience rencontrent un obstacle supplémentaire.
L’incertitude autour de l’intelligence artificielle ajoute une dimension à cette situation. Ses effets complets sur les métiers et les recrutements restent difficiles à mesurer. Pour autant, les jeunes peuvent agir en développant des compétences concrètes, une capacité d’adaptation et une expérience de terrain. À ce titre, explorer les secteurs plus difficiles à automatiser et les moyens de bâtir une activité antifragile peut aider à réfléchir à une orientation moins dépendante des transformations les plus rapides.
Le territoire et les réseaux influencent les opportunités
La situation d’un jeune ne dépend pas uniquement de son diplôme ou de sa motivation. Le lieu de vie compte. Les communautés confrontées à une pauvreté persistante affichent des taux de déconnexion plus élevés. Des différences apparaissent également entre territoires urbains et ruraux, ainsi qu’entre régions.
Au-delà du niveau de revenu local, la qualité des relations entre les habitants semble jouer un rôle majeur. Dans les communautés où les personnes ont davantage de liens avec des individus issus de milieux économiques différents, la déconnexion des jeunes est moins fréquente.
Le mécanisme exact demande encore à être approfondi, mais plusieurs explications sont plausibles. Un réseau plus diversifié peut donner accès à une information qu’un jeune ne trouverait pas seul : existence d’une formation, compréhension d’un secteur, opportunité de stage, rencontre avec un employeur ou conseil sur une candidature. Les familles elles-mêmes peuvent mieux orienter leurs proches lorsqu’elles disposent de contacts plus larges.
Autrement dit, l’accès aux opportunités ne repose pas seulement sur le mérite ou les efforts d’une personne. Il dépend aussi de la capacité de son environnement à rendre ces opportunités visibles et atteignables.
Pourquoi les programmes globaux sont plus pertinents
Proposer une formation isolée n’est pas toujours suffisant pour un jeune déjà éloigné de l’emploi ou de l’école. Les approches les plus adaptées combinent plusieurs formes de soutien : reprise de formation, accompagnement dans la rédaction d’un CV, préparation aux entretiens, découverte des métiers, mentorat et mise en relation avec des employeurs.
Cette logique globale est particulièrement importante chez les 18-20 ans. À cet âge, le problème peut relever autant d’un manque de qualification que d’une difficulté à se projeter, à se déplacer, à se présenter professionnellement ou à identifier les options disponibles.
Pour les structures locales, associations et employeurs, l’enjeu est donc de réduire les frictions plutôt que de multiplier les injonctions. Un dispositif utile ne demande pas seulement à un jeune de « chercher » : il l’aide à comprendre où chercher, comment candidater et à qui parler.
Ce que les proches, mentors et entrepreneurs peuvent faire
Un proche peut jouer un rôle concret sans se substituer au jeune adulte. Il peut l’encourager à rejoindre un programme d’accompagnement, partager des informations sur les métiers ou le présenter à une personne susceptible de donner un conseil professionnel. Ces mises en relation, même modestes, peuvent changer la perception des options possibles.
Les entrepreneurs et dirigeants ont également une responsabilité pratique. Accueillir un stagiaire, expliquer les réalités d’un métier, relire une candidature ou consacrer un échange à un jeune en phase d’orientation peut ouvrir un premier accès au monde professionnel. La progression ne vient pas uniquement de grandes décisions : elle s’appuie souvent sur une succession de contacts, d’essais et d’apprentissages.
Pour ceux qui envisagent l’entrepreneuriat comme une voie de développement de compétences, il est préférable de commencer par une démarche structurée : apprendre, s’organiser et avancer régulièrement. Les fondamentaux sont détaillés dans notre guide pour apprendre, s’organiser et entreprendre avec plus de constance.
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Une activité indépendante ne remplace pas systématiquement une formation ou un emploi salarié, et elle ne doit pas être présentée comme une solution universelle. Elle peut néanmoins devenir un cadre d’apprentissage concret pour certains profils : comprendre un client, présenter une offre, gérer un catalogue, produire du contenu ou suivre des commandes.
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FAQ
Que signifie NEET ?
NEET est un terme utilisé pour désigner les personnes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Il sert à mesurer les situations de décrochage ou d’éloignement durable des parcours d’insertion.
Le manque de diplôme explique-t-il à lui seul la déconnexion ?
Non. Le niveau d’études influence les perspectives, mais d’autres facteurs comptent également : pauvreté locale, réseau relationnel, connaissance des métiers, contexte de recrutement et accès à des dispositifs d’accompagnement.
Comment aider un jeune adulte éloigné de l’emploi ?
Il est possible de l’orienter vers un accompagnement global, de l’aider à identifier des métiers, de préparer ses candidatures et, lorsque cela est pertinent, de le mettre en relation avec des mentors ou des employeurs.
