Responsabilité, ambition, décisions de carrière et résilience : les enseignements à retenir de l’approche d’Emma Grede.
Le livre Start with Yourself d’Emma Grede défend une idée simple : les progrès durables commencent par les décisions que l’on accepte de prendre soi-même. L’entrepreneure britannique, qui a notamment cofondé Good American, est partenaire fondatrice de Skims et participe au jury de l’édition américaine de Shark Tank, y rassemble 14 règles issues de son expérience.
Son parcours est présenté comme celui d’une femme partie de l’est de Londres sans réseau, sans diplôme prestigieux ni capital. L’intérêt de ces principes ne réside donc pas dans une promesse magique : ils mettent plutôt l’accent sur la responsabilité, l’action et la capacité à apprendre dans la durée.
1. Reprendre la responsabilité de sa trajectoire
Le premier principe est celui de la responsabilité totale. Il ne s’agit pas de nier les inégalités, les difficultés du marché ou les contraintes personnelles. Il s’agit de ne pas leur laisser le contrôle exclusif de la situation.
Pour un entrepreneur, cela revient à remplacer « le marché est difficile » par des questions plus utiles : que puis-je adapter ? Mon offre répond-elle encore à un besoin réel ? Dois-je améliorer ma prospection, mon positionnement, mon discours commercial ou ma cible ?
Cette posture évite l’immobilisme. Elle redonne surtout une marge de manœuvre : celle des choix, des compétences à acquérir et des actions à tester.
2. Considérer les premières années de carrière comme une phase de construction
Emma Grede souligne l’importance du travail engagé dans sa vingtaine. Cette idée n’est pas une règle universelle : chacun avance avec une situation familiale, financière et personnelle différente. Mais le message est clair pour les personnes qui disposent d’une marge de risque à cette période : investir du temps dans l’apprentissage peut créer des leviers pour la suite.
Ces leviers peuvent prendre plusieurs formes : une expertise recherchée, une expérience commerciale, un réseau professionnel, une capacité à négocier ou encore une meilleure compréhension du fonctionnement d’une entreprise.
Plutôt que de rechercher immédiatement le confort, l’enjeu est donc de bâtir un capital de compétences. Ce capital reste utile bien au-delà d’un poste ou d’un secteur donné.
3. Transformer les envies en plans détaillés
Un objectif vague reste un souhait. Le livre insiste sur la nécessité de préciser le quoi, le comment, le quand et le où. Emma Grede accorde également de l’importance à ce qu’elle souhaite ressentir une fois l’objectif atteint.
En pratique, un dirigeant ou un indépendant peut découper un objectif tel que « développer mon activité » en étapes opérationnelles :
- identifier une cible prioritaire ;
- définir le problème concret à résoudre ;
- formaliser une offre et un message ;
- choisir les prospects à contacter ;
- préparer le déroulé des rendez-vous ;
- mettre en place un suivi après les échanges.
Ce niveau de détail ne garantit pas le résultat, mais il rend l’exécution possible. Il facilite aussi une question essentielle : mes actions quotidiennes me rapprochent-elles réellement de l’objectif annoncé ?
4. Choisir un environnement qui soutient l’ambition
Parmi les règles évoquées figurent le choix d’un partenaire de vie soutenant et la prise de distance avec les relations qui épuisent durablement. Dans le cadre professionnel, l’idée peut s’étendre aux associés, clients, collaborateurs et mentors.
Un environnement favorable ne signifie pas s’entourer uniquement de personnes qui valident toutes les décisions. Au contraire, les relations les plus utiles sont souvent celles qui apportent du soutien tout en permettant la contradiction, le progrès et la remise en question.
Un filtre simple consiste à observer l’effet d’une interaction : après un échange, se sent-on plus clair, plus énergique ou mieux préparé à agir ? Ou, au contraire, systématiquement freiné et vidé ?
5. Faire des choix de carrière loyaux envers soi-même
Emma Grede défend le droit de quitter une opportunité lorsqu’elle ne correspond plus à sa trajectoire. Cette approche peut sembler dure dans des environnements où la loyauté est assimilée au fait de rester longtemps au même endroit. Pourtant, une relation professionnelle doit aussi être évaluée à l’aune de ce qu’elle permet de construire.
Un poste, un contrat ou un partenariat peut apporter un revenu, mais aussi de l’expérience, des contacts, une compréhension sectorielle et des compétences transférables. L’enjeu est de ne pas rester par culpabilité lorsque la progression s’arrête.
Du côté des dirigeants, le raisonnement est tout aussi utile : retenir les meilleurs profils ne repose pas sur des injonctions à la fidélité, mais sur la capacité à leur proposer des perspectives réelles.
6. Exploiter chaque poste comme un levier
Un autre principe consiste à tirer parti de chaque emploi, fonction ou contact pour préparer l’étape suivante. Le salaire n’est pas le seul bénéfice d’une expérience professionnelle. Les ressources disponibles peuvent aussi inclure des formations, des outils, des collègues expérimentés, des projets transverses ou l’accès à une compréhension plus large de l’entreprise.
Cette logique invite à sortir du périmètre strict de sa fiche de poste. Comprendre le modèle économique, les enjeux de rentabilité, les mécanismes de croissance ou les attentes des clients enrichit une compétence principale et augmente l’autonomie professionnelle.
Pour les entrepreneurs, la leçon est similaire : chercher les ressources disponibles est souvent plus utile que d’attendre la solution parfaite ou davantage d’informations.
7. Accueillir le feedback et surveiller son ego
Le livre valorise la capacité à appeler les choses par leur nom, y compris lorsqu’il faut reconnaître une erreur. Un feedback pertinent peut être inconfortable, mais il devient une ressource lorsqu’il vient de personnes compétentes et respectées.
La difficulté consiste à distinguer une critique utile d’un commentaire qui ne sert aucun objectif. Un avis mérite une attention particulière lorsqu’il est formulé par une personne qui connaît le sujet, explique son raisonnement et aide à mieux décider.
Cette exigence est particulièrement importante en vente, en management et en création de contenu. Pour approfondir ce point, découvrez ces réflexes pour progresser sans laisser l’ego freiner ses résultats commerciaux.
8. Accepter les défis trop grands, puis faire le travail nécessaire
Emma Grede évoque le fait d’avoir accepté des rôles plus grands que son expérience initiale. Le principe n’est pas de prétendre tout savoir. Il consiste à dire oui à une opportunité exigeante, tout en assumant l’effort supplémentaire qu’elle implique.
Le sentiment d’illégitimité peut alors devenir un moteur : il pousse à se former, à préparer davantage ses échanges, à demander de l’aide et à travailler avec rigueur. Une opportunité ambitieuse ne devient pas accessible par simple confiance en soi ; elle suppose souvent une montée en compétence rapide.
9. Faire de l’échec, de la crise et de l’inconfort des matériaux de progression
Se relever après un échec est l’un des fils directeurs de ces 14 règles. Un rendez-vous commercial raté, une campagne inefficace ou un recrutement qui ne fonctionne pas ne doivent pas seulement être vécus comme des revers. Ils peuvent devenir des éléments d’analyse.
La bonne question n’est pas uniquement « est-ce que cela a échoué ? », mais « qu’est-ce que cette situation m’apprend ? ». Réécouter un appel, examiner une proposition, identifier un mauvais ciblage ou revoir une décision permet de convertir l’expérience en apprentissage.
Cette approche demande aussi d’accepter une part de tâches peu agréables. Prospecter, relancer, analyser ses erreurs ou revoir un processus sont rarement les aspects les plus séduisants du business. Ils restent néanmoins nécessaires pour construire des résultats plus solides.
10. Relier son activité à ce qui compte réellement
Emma Grede explique avoir placé des sujets qui lui tiennent à cœur, notamment les droits des femmes et la justice économique, au centre de ses activités sans les réduire à un argument marketing. Good American est présenté comme étant né d’une observation : des femmes de son entourage ne trouvaient pas de jeans adaptés.
Pour un créateur d’entreprise, l’enseignement est de partir d’un problème réel et d’une conviction suffisamment forte pour guider les décisions. Les valeurs ne remplacent ni l’offre ni l’exécution. En revanche, elles peuvent aider à maintenir une direction cohérente, notamment quand les choix deviennent difficiles.
11. Ne pas laisser la peur des autres décider à sa place
La dernière règle résume les précédentes : refuser d’être guidé par la peur du regard des autres. Cette peur peut empêcher de changer de poste, de lancer une offre, de prendre la parole, de demander un rendez-vous ou de reconnaître qu’un projet doit évoluer.
Agir malgré la peur ne signifie pas agir sans discernement. Cela consiste à ne pas confondre le risque réel avec la crainte d’être jugé. La trajectoire d’un entrepreneur dépend d’abord de ses décisions et de sa capacité à les assumer.
FAQ : que retenir de Start with Yourself ?
Quel est le message principal du livre ?
Le livre met au centre la responsabilité individuelle : commencer par examiner ses choix, ses croyances et ses actions avant d’attendre un changement extérieur.
Ces principes sont-ils réservés aux entrepreneurs ?
Non. Ils peuvent aussi servir aux salariés, aux indépendants et à toute personne qui souhaite construire une trajectoire professionnelle plus intentionnelle.
Comment appliquer ces principes à une activité naissante ?
Commencez par un objectif précis, un plan d’action détaillé, une analyse régulière de ce qui fonctionne ou non, puis cherchez activement les compétences et ressources qui vous manquent.
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